Il s’agit évidemment des suites données aux résolutions de l’ONU et principalement, parmi les plus récentes, celles portant les numéros 1559, 1680, 1701, 1706.
Qu’est-ce qu’une résolution? “Une décision volontaire arrêtée après une délibération et avec l’intention de s’y tenir”. Elle permet de “montrer [même] aux irrésolus qu’il est toujours temps de vouloir” [1].
Irrésolues, c’est bien ce qui arrive aux délibérations de l’ONU.
Après de longues tractations, le secrétaire général de l’institution, M. Annan est contraint de rappeler que la résolution 1701 est “un menu fixe. Ce n’est pas un buffet. Ce n’est pas à la carte où on choisit et on prend”. Il aura des difficultés à nous le prouver, quand nous relisons celles adoptées et portant les numéros 1559 et 1680 imposant le désarmement des milices. En effet, la FINUL, déjà installée depuis plus de 20 ans, censée observer et rapporter ce qu’elle voyait, ignorait la construction de tunnels et de fortifications sous les pieds de ses soldats.
Pas plus de succès avec la résolution dite de “l’ultimatum” à l’Iran. Comme nous l’avions écrit: l’ultimatum est la dernière exigence… avant les concessions. Le président de l’Iran rappelle que non, c’est non, même s’il tente de “donner le change sans changer la donne”. Ainsi selon lui, après trois ans de discussions avec la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, après des mois aussi avec la communauté internationale, il importerait de débuter des “discussions sérieuses”. Le “représentant” de l’Europe et la diplomatie française paraissent en convenir, confirmant ainsi que rien n’avait été “sérieux” pendant trois ans.
L’irrésolution de l’ONU au Moyen-Orient a pour conséquence - ailleurs - l’inanité de ses décisions, et elle ne s’épargne même pas les coups de pieds de l’âne: “Darfour: Khartoum brave l’ONU” titre Le Figaro [2], “Khartoum exige le départ de la force de maintien de la paix déployée au Darfour” titre Le Monde [3]. Encore combien de morts et combien de personnes déplacées?
Au risque de nous répéter, l’ONU pour des raisons structurelles est forcément impuissante à préserver la paix: elle est non-représentative quand elle compte, parmi les 192 états, des pays minuscules (30.000 habitants) et une majorité de pays qui ne dispose pas de régimes démocratiques respectant au moins les droits de l’homme, de la femme et…des nations qui font légitimement partie de l’institution; elle est inopérante quand deux états, qui ne sont pas des modèles de démocratie, disposent d’un droit de véto; elle est tétanisée quand il s’agit seulement de définir le terrorisme.
Nous avons le bonheur de vivre en occident dans une civilisation fondée sur la liberté: droit de pensée et d’expression jusqu'à celui de la caricature, droit permanent à la critique [4], droit à une vie privée tolérant l’adultère et l’homosexualité, droit d’exercer pleinement sa religion dans le cadre de la laïcité… et tant d’autres libertés, ce qui n’est pas le cas de la plupart des pays représentés à l’ONU.
Notre civilisation est également fondée sur le respect de la vie humaine, abolissant la peine de mort et la torture, se refusant de prôner le martyre et de transformer ses enfants en torches humaines au nom d’une idéologie ou même en raison d’une injustice, soucieuse enfin de n’enseigner sous aucun prétexte la haine dans les écoles.
Difficile de cohabiter dans certaines commissions de l’ONU, intolérable de s’y soumettre! [5]
L’ONU est non seulement impuissante à préserver la paix, mais l’aveu de son impuissance est une incitation à la guerre. Comme la SDN, elle sombrera dans les catastrophes qui s’annoncent car il est probable que notre civilisation devra être défendue.
[1] Alain, in Petit Robert, Ed. 1991.
[2] Le Figaro, 5 septembre 2006.
[3] Le Monde, 6 septembre 2006.
[4] La parution d’un dictionnaire fait l’objet d’une campagne sémantique sur le mot colonisation (“coloniser un pays pour le mettre en valeur, en exploiter les richesses”).
[5] Résolution n° 3379 (sionisme = racisme) annulée quelques années plus tard.
Gabriel Lévy est Fellow à l'Atlantis Institute
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