Les médias français n’ont pas donné au discours du pape l’importance qu’il méritait.
Pourtant, pas ou peu d’hommes d’Etat et de gouvernements se sont prononcés avec autant de force contre le terrorisme. Aucune excuse à ce dernier. Jugez-en: “Quelle qu’en soit sa forme, (…) il témoigne d'un mépris pour le droit sacré à la vie et sape les fondations mêmes de toute société”, il exprime les “ténèbres d'une nouvelle barbarie”.
Mais surtout il ne se contente pas de condamner cette barbarie, il rappelle “la grande responsabilité” de ceux chargés de la “formation des jeunes générations”. “Vous guidez les fidèles et les élevez dans la foi islamique. L'enseignement est le véhicule par lequel les idées et les convictions sont transmises. Les mots ont donc une haute influence sur la formation de l'esprit” leur dit-il.
Puisse-t-il être entendu!
Or, nous avons maintes fois reproché au gouvernement français, ainsi qu’à l’Union européenne, d’avoir accepté par négligence ou par calcul de subventionner – en notre nom évidemment – des manuels scolaires enseignant le martyre, cultivant la haine et faisant l’apologie de l’assassinat. Il a fallu attendre plusieurs années pour que cette question soit examinée, et que le gouvernement français réponde (Journal Officiel du 20 avril 2004): “Concernant les manuels scolaires palestiniens, la France, à l'instar de ce qui a été décidé par l'Union européenne, a souhaité aider le ministère palestinien de l'éducation à se doter de ses propres manuels pour remplacer des ouvrages élaborés dans des pays voisins et dont le contenu faisait l'objet de critiques récurrentes. Elle suit avec vigilance le contenu des ouvrages au financement duquel elle participe de sorte que la présentation de ces nouveaux manuels ne puisse faire l'objet des mêmes critiques”.
Ce résultat a-t-il été obtenu? Il est difficile, au moins pour nous, de nous en assurer. Toutefois, l’inquiétude persiste à la lecture du magazine Valeurs Actuelles du 29 juillet 2005 qui constate que “des livres pour enfants, vendus en France, n’ont d’autre but que de les préparer au djihad”.
Et de citer quelques extraits: “Le combattant s’emploie à défendre la religion de Dieu. S’il tombe en martyr, il obtient le Paradis”, “Dieu nous ordonne de nous préparer au combat et de nous tenir prêts en permanence”, le “djihad, l’œuvre la plus méritoire et l’acte de dévotion le plus distingué”. Selon l’hebdomadaire, on peut “se procurer ces livres sans difficulté, en France dans les librairies musulmanes (présentes , pour certaines, au congrès de l’UOIF où nos exemplaires ont été achetés) ou sur Internet – y compris sur le site de la FNAC”.
Sommes-nous aveugles et sourds? Le gouvernement sollicite pourtant des rapports au nombre desquels ceux des commissions Ruffin (octobre 2004) et Obin (juin 2005). Mais pourquoi en tenir compte quand nos médias y consacrent si peu d’écho… comme au discours du pape?
Gabriel Lévy est Fellow à l'Atlantis Institute
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