Le vingtième anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl a été commémoré la semaine dernière dans le monde entier. En France, sous la conduite des écologistes, des manifestants ont réclamé la fermeture des centrales atomiques. Leur mot d’ordre était: “Ça peut arriver aussi en France”. Ils semblaient cependant ignorer qu’entre les centrales atomiques françaises et celles de l’ancienne URSS, il existe une différence fondamentale: le communisme.
Rappelons d’abord que deux accidents majeurs ont eu lieu dans des centrales atomiques occidentales: l’un à Windscale, en Grande-Bretagne, en 1957 et un autre à Three Mile Island, aux Etats-Unis, en 1979. Aucun de ces deux accidents n’a fait de morts ou de blessés et aucun impact sanitaire (augmentation de cancers) n’a été observé à leur suite. Alors pourquoi l’accident de Tchernobyl a-t-il été différent?
La première raison est que le réacteur de Tchernobyl (dit à eau légère bouillante modéré au graphite) avait pour but la génération d’électricité mais aussi la production de plutonium 239 destiné à des armes de guerre. Or ce type de réacteur, jamais utilisé en Occident, est connu pour son instabilité. L’explosion de Tchernobyl s’est produite lors d’un essai à faible puissance, donc d’instabilité maximum. Les ingénieurs russes connaissaient cette instabilité et cherchaient justement à la maîtriser.
Mais les restrictions budgétaires, la compartemantalisation des connaissances propre au système soviétique et l’incompétence de ses dirigeants politiques rendaient risquées la construction et l’exploitation de centrales nucléaires. En particulier parce que le personnel de telles centrales était mal formé pour conduire les expériences qui lui étaient demandées. Six erreurs de manipulations et transgressions de consignes ont été dénombrées juste avant l’accident de Tchernobyl. Si une seule de ces erreurs avait été évitée, l’accident ne se serait pas produit.
Le culte du secret typique du communisme et l’impréparation des personnels spécialisés expliquent la lenteur des réactions à la catastrophe, lenteur qui, bien entendu, a amplifié les dommages sanitaires ultérieurs.
La catastrophe de Tchernobyl n’est pas due à l’énergie atomique mais au communisme! La leçon que les écologistes français devraient en tirer n’est donc pas l’abandon de l’énergie nucléaire mais l’abandon de leur alliance avec les communistes.
Florin Aftalion, professeur émerite à l'ESSEC, est Fellow à l'Atlantis Institute
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