LE FIGARO — Le terrorisme vient de subir une défaite en Irak. Ni les nostalgiques de Saddam Hussein ni les terroristes venus de tous les pays, qu'on désignait aimablement comme des “résistants”, n'ont réussi à briser la volonté de la grande majorité de la population de légitimer, par ses bulletins de vote, la naissance d'un Etat de droit.
Le réveil est sans doute difficile pour les Cassandre professionnels, les petits esprits et les idéologues qui jouissaient de compter les morts en Irak et d'affirmer que le pays s'enfonçait chaque jour un peu plus dans le chaos et la guerre civile.
Missionnés par la SIDH, la Société internationale pour les droits de l'homme, nous sommes allés à Bagdad l'an dernier, à la rencontre des Irakiens. Nous avons pu constater l'effet de loupe sur l'opinion publique française, provoqué par les mass médias, plus attachés au spectaculaire – donc aux attentats – qu'à montrer l'ouverture sur le monde et la réalité complexe de la vie quotidienne.
Nous avons discuté avec des hommes politiques irakiens et avec des gens de la rue, des enseignants et des étudiants, des Kurdes et des Arabes, chiites, sunnites et chrétiens. Tous aspiraient à la paix, à la reconstruction, à un Etat de droit et au maintien de l'unité du pays.
Aussi, en rentrant, avons-nous témoigné du fonctionnement des nouvelles administrations, de l'engagement de milliers d'Irakiens dans la police et la nouvelle armée, de la soif d'apprendre des étudiants et de notre certitude dans la tenue des élections à la date fixée.
Nous avons dit notre confiance dans l'avenir de l'Irak.
Le terrorisme vient de subir une défaite majeure. C'est une victoire pour la liberté, qui eût été moins coûteuse en vies humaines si la France et quelques autres pays européens avaient apporté leur soutien aux autorités et une plus grande contribution au maintien de la paix. Il est temps de rattraper le temps perdu et d'aider au renforcement de la société civile irakienne et des nouveaux pouvoirs. La liberté, en Irak est aussi la nôtre.
Ce texte a été co-écrit avec Ilios Yannakakis, Fellow à l'Atlantis Institute
Pierre Rigoulot, écrivain et philosophe, est Fellow à l'Atlantis Institute
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