ESISC — L’affaire Ilan Halimi, du nom de ce jeune Juif français de 23 ans torturé à mort par une bande de voyous de banlieue se faisant appeler, à raison, “Les Barbares”, pose un grand nombre de questions. Toutes sont également angoissantes, qu’il s’agisse de s’interroger sur la violence extrême qui se développe dans certains pans de nos sociétés, sur les influences diverses à l’origine de cette violence ou, bien entendu, sur l’antisémitisme et la haine raciale qui pourraient être à l’origine de nouvelles vagues de crimes ou jouer un rôle important voire fondamental dans leur motivation.
Nous ne reviendrons pas ici sur les détails des faits, ils sont suffisamment connus. Rappelons, simplement, que Ilan Halimi, employé dans un magasin de téléphonie mobile a été enlevé en janvier par un gang qui a utilisé une jeune femme pour le piéger. Séquestré pendant trois semaines, il a été abominablement torturé et ne fut relâché que mourant, le 13 février, près d’une voie ferrée, dans la banlieue sud de Paris. Il portait alors des traces de blessures à l’arme blanche et de brûlures sur 80% du corps et avait été battu et affamé. Il est mort lors de son transfert à l’hôpital.
On notera que c’est la première fois qu’une affaire d’enlèvement traitée par la Brigade criminelle se termine par la mort de l’otage [1]. La police, pourtant, avait mis en place des moyens très importants: une centaine de policiers de différentes sections mobilisés, des planques multiples et la mise en oeuvre de moyens de surveillance et d’interception sophistiqués…
Un meurtre antisémite?
La première question qui se pose est évidemment celle de l’antisémitisme: celui-ci a-t-il été l’unique motivation de cette horrible affaire ou bien a-t-il “seulement” joué un rôle déterminant dans le choix de la victime ou dans les sévices qui lui ont été infligés?
La question est complexe et la réponse ne peut être simpliste ni même simple. Il semble évident que la motivation première des Barbares était purement crapuleuse: il s’agissait de pratiquer l’enlèvement et la séquestration pour obtenir une rançon. Cela étant, il est tout aussi évident, à en juger par les déclarations des premiers suspects au cours de leur garde à vue, que dès le premier abord, les fantasmes antisémites étaient présents dans le chef des suspects dont certains ont avoué que des “Juifs” ont été spécifiquement ciblés “parce qu’ils ont de l’argent”. Il semble que, sur 6 ou 7 projets d’enlèvements attribués aux Barbares, au moins 3 concernaient des Juifs.
Les choses semblent également avoir nettement évolué durant la période de séquestration de la victime et on peut penser que la motivation antisémite et la haine raciale ont, plus ou moins rapidement, pris le pas sur tout autre mobile. D’abord il y a une évidence absolue: si le lucre était le seul moteur des ravisseurs, il n’était aucun besoin de torturer Ilan.
Ces tortures, longues, répétées, collectives (et auxquelles il est possible que des tiers n’appartenant pas au premier cercle des kidnappeurs aient participé) témoignent de la haine absolue portée au sujet torturé et de la volonté non seulement de le faire souffrir mais aussi, et surtout, de le déshumaniser, de l’abaisser et de l’humilier, toutes pratiques relevant clairement d’une approche raciste.
On trouve une autre preuve, aveuglante, de l’état d’esprit des tortionnaires dans la manière dont les “négociations” ont été menées: durant les trois semaines de calvaire d’Ilan, la question financière est très clairement passée au second plan. Au départ, la bande réclamait 450.000 euros de rançon, lors de ses derniers messages, il semblerait qu’il n’était plus question que de 5.000 euros. Mais pendant que ses geôliers exigeaient cette somme dérisoire, Ilan, lui, souffrait.
Du reste, dans les échanges téléphoniques entre les ravisseurs et le père de la victime, des injures antisémites furent proférées.
Quand Ruth Halimi, mère d’Ilan, déclare: “Si Ilan n’avait pas été juif, il n’aurait pas été assassiné” [2], elle a donc, malheureusement, plus que probablement raison.
La bande est-elle liée à la mouvance islamique et/ou a-t-elle une idéologie politique?
En l’état actuel de l’enquête, la réponse à ces deux questions est probablement négative. La bande des Barbares semble s’être constituée autour de deux axes forts: exprimer la violence extrême de son chef présumé, Youssouf Fofana, et de ses membres, et “faire de la thune” le plus rapidement possible.
Pour reprendre les propos du Procureur de Paris, Jean-Claude Marin: “On est ici au degré zéro de la pensée” [3]. Certes, de la “littérature salafiste” aurait été retrouvée chez certains des suspects, mais cela semble peu significatif. Nous avons eu l’occasion de participer, entre 1999 et 2003, à des dizaines de perquisitions dans les milieux de la criminalité organisée en bande et nous savons, comme tous ceux – policiers, magistrats, chercheurs – qui ont été sur le terrain, que ce type de “littérature”, aisément accessible sur Internet, se trouve fréquemment chez certains voyous de religion musulmane et ne signifie nullement qu’ils aient un lien réel avec la mouvance islamiste. Simplement, cette propagande haineuse circule énormément dans une frange de la jeunesse.
Aux déclassés et autres délinquants de bas étage qui forment l’ossature des Bandes, elle peut, occasionnellement, fournir une sorte de “justification morale” qui leur permet de passer à leurs yeux pour autre chose que les minables agresseurs qu’ils sont: s’ils agissent comme ils le font ce n’est plus parce qu’ils ont été incapables de s’insérer dans la société (et sont donc responsables de cet échec et de ses conséquences) mais parce que la société les a rejetés. Et cette société les rejette, bien entendu, parce qu’ils sont “musulmans” (alors que l’immense majorité d’entre eux, il est bon de le souligner, n’ont à peu près aucune pratique religieuse, ne fréquentent pas les mosquées et n’observent évidement pas les préceptes de l’Islam tel qu’il est pratiqué par la majorité des croyants).
Il est vrai, toutefois, que la propagande takfiri (prônée par la mouvance Takfir wal Hijra, relativement influente dans une partie de cette jeunesse à laquelle elle prêche la rupture avec la société) justifie toute violence en Europe puisque celle-ci ne s’exerce pas contre des musulmans mais contre des infidèles (kâfir), l’Europe étant un Dâr al-Kufr (territoire de l’incroyance) sur lequel on peut piller, violenter et rançonner à merci. Il est possible que cette idéologie détestable ait infecté certains membres de la bande, mais un argument factuel fort, irréfragable même, plaide contre tout lien entre ce groupe et la mouvance islamiste: si certains membres du groupe étaient musulmans, d’autres ne l’étaient pas. La bande semblait s’être rassemblée sur une base territoriale (habitants de la même cité, des mêmes blocs, garçons ayant fréquenté les mêmes écoles) et pas sur une base religieuse ou ethnique.
Reste la question de la mise en scène “à l’irakienne”, une “répétition de scènes connues par ailleurs”, souligne Jean-Claude Marin [4]: l’otage nu, enchaîné, humilié, la tête couverte. Etrange mélange des genres dans lequel on retrouve à la fois l’influence des images des otages enlevés et souvent assassinés par les groupes islamistes et celle d’autres photos venant, elles, de la prison d’Abu Ghraib.
Il nous semble que, plus que d’un quelconque engagement politique, cette sinistre mise en scène témoigne de l’influence des images diffusées quotidiennement sur certaines chaînes de télévision et sur le net. On est ici dans l’imitation: une bande qui veut crier sa haine à la société, et particulièrement “aux Juifs”, et exprimer en même temps son hyper violence, mais aussi marquer que son territoire échappe à la loi commune. Une bande qui cherche à “calquer” une réalité tragique qui est sensée effrayer “l’ennemi”. Donc, on se réfère à l’Irak et au terrorisme. On se trouve ici dans le même type de représentation que celle des incendiaires qui, en novembre dernier – au plus fort des émeutes qui ont secoué la France – avaient écrit sur le mur d’une école maternelle détruite “Bagdad!”.
Après une relative accalmie, va-t-on assister à une remontée de l’antisémitisme violent? Les crimes racistes vont-ils augmenter?
La réponse à cette question est malheureusement, très probablement, positive. On a relevé en France, ces dernières années, des centaines d’actes antisémites, certains très graves, mais aucun, bien entendu, aussi grave que celui qui nous occupe ici. Par ailleurs, dans certains pays (en Grande-Bretagne et en Belgique, entre autres) des crimes racistes ont été commis, visant des Arabes ou des Noirs.
Ce que l’on appelle aux Etats-Unis les Hate Crimes – crimes motivés par la haine, contre une minorité religieuse ou ethnique, une nationalité ou un “genre” (femmes, homosexuels, etc.) – fait malheureusement partie de l’évolution négative de nos sociétés. Celles-ci se déstructurent et sont, pour certaines, en voie de décadence avancée. Dès lors, l’affirmation extrémiste ou violente de son identité propre et la négation de celle de “l’autre” deviennent les seuls repères qui, chez certains, viennent palier l’absence d’identité collective, l’effacement des normes et les insuffisances réelles ou supposées de l’Etat ou de la société.
Dans ce contexte, et dans celui de la montée des extrémismes, l’antisémitisme, la haine raciale, l’homophobie et la violence envers les femmes ont un avenir.
On remarquera du reste que, ces dernières années, d’autres violences abjectes, contre les femmes – nous pensons aux “tournantes” – se sont répandues sans que l’Etat n’y réponde de manière décidée et satisfaisante.
D’où vient l’hyper violence?
L’Europe est peu habituée à l’hyper violence, même si, dans le passé, nous avons déjà été confrontés à des actes de barbarie. Ceux-ci étaient souvent le fait d’auteurs isolés présentant le profil de tueurs en série ou de psychopathes. L’hyper violence en bande est restée un phénomène relativement rare qui commence seulement à débarquer sur le continent.
Les racines de ce comportement sont complexes mais on les trouve, entre autres, dans le sentiment d’exclusion ressenti par les membres des bandes, dans la construction d’une identité en rupture avec celle de la société ambiante, dans la négation des autres segments de cette société, telle qu’évoquée ci-dessus, mais aussi dans une sous culture entretenue, entre autres, par certains groupes musicaux (une sous culture que l’on trouve d’ailleurs aussi bien, de manière significative, chez les “exclus” que dans l’extrême droite violente de type skinhead).
Que penser, par exemple, de l’influence pernicieuse que peut avoir sur les esprits faibles les paroles du rappeur Alibi Montana (originaire de la Cité des 4.000 à La Courneuve, connue pour la violence qui y règne), lorsqu’il chante, évoquant le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy: “Nicolas, t'ouvres ta gueule, tu fais du bruit pour rien, (…) putain personne te craint, le bitume t'a montré qu'il faut pas l'insulter, continue ce bras de fer et tu vas te faire buter” ?
Qui peut raisonnablement prétendre qu’on est encore, ici, dans le domaine de l’art ou même dans celui de la “contestation sociale” acceptable ?
L’influence de certains films et séries est également frappante dans l’organisation et le déchaînement de cette hyper violence. Il est patent que, pour organiser leurs communications avec la famille, les tortionnaires d’Ilan se sont inspirés de ce qui peut se voir dans certaines séries télévisées. Quant à l’utilisation d’un appât sexuel, même si cette pratique est aussi ancienne que le crime, on ne peut que constater qu’elle renvoie au film “L’Appât” de Christian Tavernier. Le réalisateur avait été, lui-même, inspiré par les crimes de Valérie Subra et de ses complices. La jeune Subra (18 ans) avait séduit deux hommes que ses complices, Laurent Hattab et Jean Rémi Sarraud, avaient torturés en vue de leur extorquer de l’argent puis assassinés à leur domicile. Ils ont, depuis, été condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité.
Une autre origine de cette violence, et nous sommes conscients de toucher ici un sujet tabou pour “l’intelligentsia” de gauche, est liée à la relation ethnicité/crime. Même si beaucoup refusent encore de le voir aujourd’hui, il est évident qu’un lien existe entre certaines formes de violences et un certain arrière-plan culturel: les truands albanais ou russes, certaines “mafias” asiatiques, des immigrés récents d’origine africaine, arabe ou sud américaine peuvent avoir à la violence un rapport différent de celui qui sera entretenu – à activité criminelle similaire – par leurs homologues locaux. Non pas, bien entendu, pour des raisons de race ou de religion mais simplement parce que leur vécu est totalement différent. Que vaut la vie humaine pour quelqu’un qui arrive du Libéria ou de Colombie et qui choisit de mener une activité criminelle? Et quel poids aura la sanction pour un truand venu des Balkans et qui, dans son pays d’origine, aurait été épouvantablement maltraité avant d’aller pourrir dans une prison qui n’est en fait qu’un mouroir?
Mais fondamentalement, la violence vient de la “crise” telle que définie par le général Eric de la Maisonneuve, ancien directeur de la Fondation pour les Etudes de Défense, qui s’est longuement interrogé sur la question: “La crise est d’abord une situation d’incertitude, puisqu’un équilibre a été rompu et qu’un nouvel état n’a pas été atteint. Il s’agit donc d’une période d’instabilité, dans laquelle l’évolution est en cours, mais dans une direction qui n’est pas encore fixée. C’est pourquoi cet état critique est aussi une période de grande vulnérabilité, pendant laquelle les organismes, les individus ou les fonctions sont en situation de précarité et donc d’insécurité. Celle-ci peut, pour diverses raisons, basculer brutalement dans une situation conflictuelle. (…) Ce basculement peut se faire quasi naturellement, par entraînement, lorsque la crise atteint un paroxysme, ou par accumulation, lorsque plusieurs facteurs de crise convergent”. [5]
Incontestablement, en Europe, plusieurs facteurs de crise convergent actuellement, dont une préoccupante crise des structures familiales. Or, “la déshérence et l’explosion du système familial – phénomènes d’une extrême brutalité – fragilisent une société dont la famille était la cellule de base. Le nomadisme des couples, la dispersion des enfants, l’absence, de ce fait, de toute éducation stable et volontariste, autant de violences sociales auxquelles personne ne peut présenter de palliatifs”. [6]
Frustrations et tensions vont se libérer dans la violence: “Cette violence se focalise là où se situent les problèmes et où se trouvent agglomérées les populations, c'est-à-dire dans les villes ou à leur périphérie. Elle se nourrit aussi bien de la passivité indifférente du plus grand nombre – fatalisme ou déception? – que de l’acharnement de minorités, organisées en bandes, à en découdre. La violence urbaine est une des caractéristiques les plus inquiétantes – mais aussi la plus répandue – de ce déchaînement de la violence. Les villes qui étaient lieux d’accueil, havres de paix, restent le centre de la culture moderne; mais dans certains quartiers et dans les banlieues des grandes métropoles, elles ressemblent de plus en plus à la jungle et engendrent la peur”. [7]
L’allusion d’Eric de la Maisonneuve à la “passivité” qui nourrit la violence nous amène à revenir au cas d’Ilan Halimi pour nous poser une question à laquelle l’enquête devra bien répondre: est-il vraiment imaginable que, dans un immeuble somme toute d’assez petite taille (l’endroit où semble avoir été séquestré Ilan était une cave située dans les parties communes d’un immeuble qui n’a rien à voir avec les “barres” que l’on trouve encore trop souvent en banlieue) personne n’ait rien su et n’ait rien vu? Ou bien les témoins potentiels ont-ils choisi de ne rien voir ni entendre, ce qui ferait d’eux autant de complices passifs du crime?
De même, il faudra établir si la rumeur – encore plus atroce – voulant que certaines personnes étrangères à la Bande soient venues participer aux sévices infligés à Ilan recouvre une part de réalité.
Que faire?
Ilan Halimi est mort, seulement entouré d’hommes (et de femmes?) qui, par leur sauvagerie, s’étaient eux-mêmes retranchés du genre humain. Il est mort d’une mort abominable et la seule chose que l’on puisse espérer est que, dans ses derniers moments, juste avant que le souffle de la vie ne le quitte, quelqu’un, dans l’ambulance, un frère humain, lui ait tenu la main et qu’il ait été conscient de ce contact, qui n’enlevait rien à l’horreur qu’il avait vécue mais qui, peut-être, lui aura apporté un ultime réconfort. Rien ne changera cet état de fait. Dans le coeur de ceux qui l’ont aimé, rien ne comblera l’absence. Pour ses parents et amis, la plaie ne cicatrisera jamais. Ilan est mort et il est désormais, diront les croyants à la droite de Dieu, parmi les Justes.
Mais au moins, qu’Ilan ne soit pas mort pour rien! Que son calvaire serve de leçon!
Les plus hautes autorités de la République ont, jusqu’à présent, réagi de manière exemplaire. Mais pour la mémoire d’Ilan, il faut faire plus, beaucoup plus:
1) Face à l’antisémitisme et à la haine raciale, la tolérance zéro doit être de mise. Aucun acte de discrimination, même le plus “anodin”, ne peut être toléré. Car la discrimination n’est jamais anodine et nous savons où aboutit ce chemin: dans une cave où un homme de 23 ans sera torturé à mort parce qu’il est “différent”, parce qu’il est juif;
2) Pour empêcher la répétition des crimes de haine, il est sans doute nécessaire de créer, au sein des forces de police, des sections spéciales qui travailleront exclusivement sur ce phénomène criminel à part et pourront utilement s’inspirer des travaux et réalisations du FBI américain sur la question;
3) La violence faite aux femmes (“tournantes”, agressions) doit faire l’objet d’un traitement spécifique et toute la dureté de la loi doit s’appliquer à ses auteurs, quel que soit leur âge;
4) L’hyper violence doit être combattue et éradiquée et les services de police luttant contre les bandes organisées et la violence urbaine doivent être renforcés afin de pouvoir mieux remplir leur mission;
5) L’incitation à la haine (entre autres par la “sous culture” que nous avons évoquée ci-dessus) doit être dénoncée et poursuivie et ne peut se prévaloir d’une quelconque “immunité” culturelle;
6) Enfin, certainement, un travail social et éducatif en profondeur doit accompagner les missions répressives indispensables que nous venons de passer en revue.
Mais est-il encore temps?
Dans une interview récente, la commissaire Lucienne Bui Trong (responsable de la section “Violences urbaines” de la Direction Centrale des Renseignements Généraux (DCRG), agrégée de philosophie et normalienne) déclarait: “Les limites sont de plus en plus reculées et les modus operandi plus violents. Inversera-t-on la tendance? A moyen terme, je suis inquiète. Les émeutiers s’en prennent à des biens perçus par eux comme n’appartenant à personne ou à tout le monde, telles les écoles ou des voitures garées sur la voie publique. Je crains que les violences sur les personnes s’aggravent à l’avenir et qu’elles n’épargnent plus le domaine privé mais pénètrent dans les maisons et les immeubles. C’est pourquoi, il faut demeurer vigilant, cesser d’en faire un objet de polémiques politiques et ne pas séparer la prévention sociale à long terme d’un travail répressif au quotidien. L’un sans l’autre n’a aucun sens” [8].
Madame Bui Trong commentait les émeutes récentes mais sa prédiction portant sur “les violences sur les personnes” vient, malheureusement, de se réaliser.
[1] Le Monde, 17 février 2006.
[2] Interview de Ruth Halimi par Assaf Uni, Haaretz, 20 février 2006, reprise dans une dépêche de l’AFP le même jour.
[3] Le Monde, 23 février 2006.
[4] Le Monde, 17 février 2006.
[5] Eric de la Maisonneuve, “La nouvelle violence”, Arléa, 1997, p. 116.
[6] Ibid., p. 129.
[7] Ibid., p. 130.
[8] L’Est républicain, 30 décembre 2005.
Claude Moniquet, président de l’ESISC, est Senior Fellow à l’Atlantis Institute
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