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Mission


Au seuil d’un nouveau siècle riche de promesses mais lourd de dangers, l’Europe doit résolument opter pour la Liberté et le Progrès et diffuser ces idéaux à travers le monde. L’Atlantis Institute se propose d’accompagner ce mouvement en s’interrogeant sur les conditions d’un monde meilleur.

La démocratisation et la libéralisation de la planète sont les conditions indispensables de la prospérité généralisée et de la mise en œuvre du vieux rêve kantien de Paix Universelle. Le chemin est encore long à parcourir. Il apparaît en effet que les institutions créées dans l’après-guerre ne furent pas à la hauteur des fantastiques espérances placées en elles.

La mission première de l’Organisation des Nations Unies est de maintenir la paix dans le monde. A l’évidence, l’efficacité dont elle fait preuve est du même ordre que celle qui caractérisait, dans l’entre-deux guerres, la Société des Nations. Les causes de cette impuissance sont multiples mais l’hypothèse que l’on veut formuler ici est la suivante : la seule manière d’assurer la paix sur terre consiste à démocratiser et libéraliser le Tiers-Monde.

Cela ne pourra se faire sans une refonte en profondeur de la structure institutionnelle de l’ONU. De même, toute politique de développement devra prendre en compte le fait que démocratisation et libéralisation sont indissociablement liées.

L’ONU doit subir une profonde réforme pour retrouver sa crédibilité

L’Organisation des Nations Unies est composée d’une majorité d’Etats non démocratiques. Pour des raisons tant tactiques qu'idéologiques, plusieurs d’entre eux paralysent le bon fonctionnement de cette institution. Mus par un instinct de survie, les dirigeants de ces pays s’opposent à toute politique qui pourrait se traduire par un changement significatif dans une région considérée. C'est faire preuve de candeur que de penser que les Etats qui, dans le cadre de leurs frontières, refusent aux femmes les principes d'égalité, puissent apporter une quelconque pierre à l'édifice du bien-être universel.

Une organisation internationale qui veut efficacement œuvrer pour la paix dans le monde se doit, du moins au niveau des ses organes exécutifs, de n’accepter pour membres que les seuls Etats démocratiques. S'il est souhaitable de conserver un cénacle où se retrouvent l'ensemble des nations que compte notre planète – l'Assemblée générale pourrait être ce lieu –, il est par contre inadmissible que, comme cela fut le cas, la Syrie préside le Conseil de sécurité et que la Libye dirige la Commission des droits de l'homme.

La démocratie et l'économie de marché sont sources de paix et de progrès

L’expérience démontre que les incitatifs pacifiques (et financiers) à la démocratisation s’avèrent totalement inefficaces. Cajoler les despotes orientaux, asiatiques, africains ou latino-américains en échange de vagues promesses n’a fait que renforcer leur emprise sur les populations maintenues en otage. Par ailleurs, il est illusoire de croire que le bouillonnement d’une résistance intérieure peut, à lui seul, faire tomber le couvercle de la marmite. Est-ce à dire que seul compte le langage de la force ? Les choses sont évidemment plus complexes. La force peut être nécessaire, mais s'avère insuffisante si, dans la foulée, elle n’est pas directement suivie d’une reconstruction économique et d’une démocratisation du pays considéré.

L’erreur de jugement commise depuis la fin de la dernière guerre mondiale consiste à penser que la paix est un préalable indispensable à la démocratie et à une économie florissante. C’est l’inverse qui est vrai. Nous le voyons actuellement au Moyen-Orient : après cinquante années de conflits ininterrompus, une recomposition du paysage est en cours. Depuis l’intervention des forces coalisées en Afghanistan et en Irak, un espoir se dessine sur cette terre de violence et de passions.

Comment s’y prendre pour démocratiser un pays ? Comment l’autonomie peut-elle procéder de l’hétéronomie ? Comment éviter le piège du paternalisme ou de l’acculturation ? L’étude du phénomène colonial est, à cet égard, instructive. Indépendamment des détestables présupposés ethnocentriques voire racistes qui animaient l’entreprise coloniale, l’erreur consista surtout à ne pas considérer l’émancipation des populations concernées comme une priorité.  Plutôt que de maintenir les forces vives du pays dans un état subordonné, il s’agit au contraire de les faire émerger et de les responsabiliser. Une fois enclenché, le processus de démocratisation doit se dérouler rapidement. Des étapes importantes doivent être régulièrement franchies, sous peine que ce dernier s’enlise et ne transforme la démocratisation en une occupation illégitime.

Il faut se garder d’importer nos valeurs et nos croyances religieuses dans le pays considéré. Il importe de se cantonner à l’universel lequel tient en trois éléments fondamentaux : les droits de l’homme, l’Etat de droit et l’économie de marché. Ces structures sont, il est vrai, le produit d’une histoire. Mais leur statut n’en est pas moins universel. De la même manière, les dieux de l’Olympe ont chacun été engendrés dans des circonstances, des lieux et des époques particulières. Ils n’en sont pas moins immortels. Il est aisé de pratiquer ici le relativisme culturel et d’accuser de naïveté ceux qui affirment l’universalité des idéaux des Lumières. C’est une erreur. Il est primordial de quitter au plus vite le domaine du fantasme, de la superstition ou de l’intégrisme pour entrer dans l’univers du transformable, du manipulable. Il est erroné d’invoquer constamment les déterminants historiques et culturels pour légitimer le statu quo et la souffrance que ce dernier génère : le fatalisme n’est pas une fatalité.

Enfin, une démocratie qui ne repose pas sur une vigoureuse économie de marché est vouée à s’effondrer rapidement. Plusieurs programmes de développement (micro-crédit, réassurance, etc.) insistent actuellement sur le rôle de l’individu acteur de son propre changement. Rien ne pourra être entrepris sans cela. Aucune réforme durable ne s’imposera par le haut. Le libéralisme a cet avantage de porter des fruits rapidement et de responsabiliser les membres d’une société, désireux d’améliorer leur bien-être et celui de leur famille.

Viser la paix et la prospérité à l’échelle de la planète, l’ambition n’est pas mince mais l’humanité progresse à coup de défis d’envergure. Les meilleurs instruments sont le libéralisme, ses valeurs et l’écrin dans lequel il peut prospérer : l’Etat de droit, lequel ne peut émerger que via une démocratisation. Ne nous berçons pas d'illusions : cette dernière ne surviendra pas de manière inéluctable et automatique selon la marche d’un Esprit hégélien. Nous ne croyons pas au déterminisme. Démocratiser le monde, c’est ici la mission historique de l’Occident car c’est en son sein que la démocratie a décidé d’éclore par accident.




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