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Historique


Une évidence : la démocratie est le moins mauvais des régimes politiques. Garante des droits fondamentaux, cette forme d'organisation politique, acquise au prix d’une longue évolution, prémunit l’homme de l’exaltation passionnée, dangereuse et, en fin de compte, avilissante propre aux régimes autoritaires et dictatoriaux.

Cela n'a pas empêché, en 2003, des centaines de milliers de démocrates de battre le pavé des capitales européennes – alors que les troupes américano-britanniques étaient aux portes de Bagdad – pour s'opposer de facto, au nom de la paix et de la fraternité entre les peuples, à l'élimination d'une des plus anciennes et féroces dictatures que comptait notre planète. Ce phénomène déroutant pose question. Que penser, par ailleurs, des positions adoptées par certains leaders européens dont les déclarations semblaient plus inspirées par les slogans de foules mues par une passion anti-américaine – proche de la xénophobie – que par les valeurs qu'ils se doivent, nous doivent, de défendre ? 

Cette querelle atlantiste n'est toutefois que peu de choses face à l’atrocité des crimes perpétrés par Saddam Hussein et ses comparses. Des millions d’hommes, femmes et enfants, irakiens, iraniens et koweitiens, kurdes, chiites et sunnites, sont morts ou ont disparu durant les 35 années du règne baathiste en Irak. N’étant l'opiniâtreté de l'administration américaine, il est probable que des dizaines de milliers de noms auraient, depuis, rejoint cette liste macabre. De ceux-là, jamais les leaders politiques et les masses urbaines ne se sont inquiétés. C’est cette réalité qui, en 2003, amena des intellectuels européens, issus du monde académique, associatif et journalistique, à fonder l’Atlantis Institute.

Pour nous, la crise irakienne fut une troublante expérience et un nécessaire révélateur. Adeptes du droit non négociable à la liberté individuelle, nous observons avec inquiétude le déferlement de la pensée unique « anti-guerre », relayée par nombre de médias et de politiques européens, avec les effets que l’on connaît sur une opinion publique peu ou mal informée.

Nous n’aimons pas la guerre. Aucune personne sensée ne l'aime. Mais il est des choses encore plus détestables que la guerre. Les génocides qui ont jalonné le XXe siècle ont démontré à suffisance que l'attentisme, loin d’être une option acceptable, rend ceux qui y adhèrent complices des pires méfaits. Il en va de même pour ceux qui tergiversent sur le cas soudanais tandis que le Darfour est ethniquement « nettoyé ». Voilà pourquoi nous préférons au consensus mou le droit à l'ingérence.

Mais ce droit est également accompagné de devoirs. Il ne suffit pas de libérer un peuple. Il faut aussi l'aider à se relever. Certes, il ne s’agit pas d’imposer nos valeurs, nos goûts et notre mode de vie au reste du monde, à fortiori, comme ce fût ici le cas, à des populations héritières de civilisations plusieurs fois millénaires. L’objectif, pour minimaliste qu’il soit, est capital : il importe d’implanter dans ces régions les droits de l’homme, le format de l’Etat de droit et la démocratie. La liberté n’est pas occidentale, elle est humaine. Sur base de ce socle intangible, une infinité de cultures, de religions, de visions du monde peuvent prospérer et évoluer.

Les Etats-Unis oeuvrent actuellement, parfois maladroitement, parfois imparfaitement, parfois par intérêt, à la réalisation de ces objectifs ambitieux. C’est notre devoir, à nous, Européens, d’agir également dans le sens de la démocratisation et de la libéralisation des peuples opprimés. Cela requiert plus que de belles paroles, engagements de principes et autres professions de foi. Il s’agit bien plutôt d’user de toutes nos ressources, d’exercer toutes les pressions contre les régimes dictatoriaux sans jamais reculer devant l’ingérence humanitaire ou l’intervention militaire où souffre l’humain.

Voilà pourquoi et au nom de quoi est né l'Atlantis Institute.




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